dimanche 30 janvier 2011

Autre chose

"Tu te sens tout chose tu voudrais savoir pourquoi
Demande à Mère Castor, elle te dira :
Mon petit chou, ma jolie chose
Il te pousse des bras en plus ?
Ton poil a changé de couleur ?
Tu ne reconnais plus ta propre voix ?
Ta maman ton chéri poussent des cris quand ils te voient ?
Ne cherche plus, ce n'est pas grave
Tu commences ta Métamorphose."
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La Mère Castor - L'à faire du mois de janvier
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Chose commune

jambes de Charles-Edouard

(quand il était petit chou)

bras en plus

en jambes en jeans

cravates de plusieurs inconnus

à poils

(de plusieurs couleurs)

jupe trop grande de la maman de l'Ambassadeur

(crie pas)

c'est pas grave,

y paraît.

Tu cherchais quoi déjà ?

Tu voulais savoir quoi ?

Demande à Mère Castor,

tu verras.

*

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jeudi 27 janvier 2011

Consommations

"Il est huit heures et demie. Nous sommes installés l'un en face de l'autre, au Bacardia. Evelyn porte une veste de rayonne Anne Klein, une jupe en crêpe de laine, un chemisier de soie Bonwit et des boucles d'oreilles anciennes en or et agate de chez James Robinson, quatre cents dollars à vue de nez ; je porte un costume croisé, une chemise de soie damassée à rayures, une cravate de soie à motifs et des mocassins de cuir Gianni Versace. Je n'ai pas annulé ma réservation au Turtle's, ni prévenu Courtney, ce qui fait qu'elle se pointera sans doute là-bas vers huit heures et quart, ne comprenant plus rien et, si elle n'a pas pris d'Elavil aujourd'hui, se mettra probablement en rage."

Bret Easton Ellis - American psycho


Bientôt,

la métamorphose

*

samedi 22 janvier 2011

Attachements

"La cantine contenant les vêtements du lieutenant Drogo arriva finalement de la ville. Il y avait, entre autres, un manteau dernier cri, d'une élégance extraordinaire. Drogo l'endossa et se contempla, morceau par morceau, dans le petit miroir de sa chambre. Ce manteau lui sembla un lien vivant avec le lointain univers qui était le sien. Il pensa avec satisfaction que tout le monde le regarderait, tant l'étoffe était splendide et distinguée la coupe.
Il se dit qu'il ne fallait pas user ce manteau en le mettant pour le service, pendant les nuits de garde, entre les murs humides du fort. C'était même de mauvais augure de l'étrenner ici, c'était presque admettre qu'il n'aurait pas de meilleures occasions de le porter. Pourtant cela l'ennuyait de ne pas l'exhiber et, bien qu'il ne fît pas froid, il voulut le mettre tout au moins pour aller jusque chez le tailleur du régiment, à qui il en achèterait un d'un modèle courant.
Il quitta donc sa chambre et se mit à descendre les escaliers, observant, quand la lumière le permettait, l'élégance de son ombre."
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Dino Buzzati - Le désert des Tartares
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Plaisir des yeux
et
de l'attendue métamorphose
,
Simone pose.
*
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dimanche 16 janvier 2011

Dé-mesures

"L'obscurité, par exemple, est le néant qui correspond à la lumière, mais il suffit d'intervertir les termes pour affirmer, une fois postulé l'aspect positif de l'obscurité, que le néant est aussi la lumière. Par analogie, il n'est pas impossible que le néant de notre être (la négation de toute conscience, de toute sensation, de toute différenciation dans le temps ou dans l'espace) soit à son tour une réalité."

Jorge Luis Borges - La jouissance littéraire


Personne
fourrure d'imitation
mi-nuit la taupe le poil court
court pas les rues
suspendu
,
légèrement arrogant
*

dimanche 9 janvier 2011

(Petit) déjeuner

"Elle me fit asseoir sur un pouf vert où je pris en lasso mes genoux pour soulager un immédiat inconfort dorsal. Elle s'excusa pour les deux cartons d'emménagement résiduels, une histoire de la Chine en vingt volumes qu'elle ne savait pas où foutre.
- Vous vous intéressez à la Chine ?
- Non. Un thé ?
- Pourquoi pas.
- C'est votre tic verbal ?
- Quoi ?
- Pourquoi pas.
- Pourquoi pas quoi ?
- Laissez tomber. Quel parfum ?
- J'en mets jamais.
- Le thé.
- J'suis con.
- Mais non mais non. Alors ?
- Quoi ?
- Quel parfum le thé ?
- Comme vous."
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François Bégaudeau - Vers la douceur
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C'est l'heure
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du thé
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*
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D'autres carrés
pour servir sans te brûler les doigts

sont à regarder là.

vendredi 7 janvier 2011

De la nuit partielle

Ce qui tient du coeur - quoi ? -, ça donne à voir
plus aigu. Avec elle, rien ne ferme,
on peut entendre rire dans le noir.
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Philippe Longchamp - Soleil pas d'équerre
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tu vois un peu le talent.
Pavot
piqué dans la valve gauche
regarder le soleil dans un oeil très noir
du chrysanthème,
Majesté
abîme sombre et sublime.
*
Merci.

mardi 4 janvier 2011

Obscurité relative

"Tout s'y met à ce point que dans l'affolement général on ne profite pas de la vive lueur tétanisée de l'éclair, de son plein jour instantané pour consulter l'heure exacte - même si de toute façon, nourrissant de vieux différends, les pendules ne sont plus d'accord entre elles depuis longtemps."
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Jean Echenoz - Des éclairs
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ici dans une robe de fantôme

(violette à la boutonnière)
..

Et
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trembleront les draps du pensionnat

quand de la Divine

la cuisse rose apparaîtra.

*

Merci.

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samedi 1 janvier 2011

Saint-Glinglin

"Pendant ce temps, dans tous les jardins, les allégories fleurissent, fleurs hyperboliques de théories bourgeonnantes."
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Keith Waldrop - Le vrai sujet
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En 2011

des peaux diverses

(des histoires)

empreintes de la rose

utilisation du fil

de l'écrit

de la langue et du geste

s'encore habiller

répéter

re lire

re fabriquer

se fatiguer

re faire

le labyrinthe se montre à qui veut toucher son idée de la beauté

;

des prétentions

Simone t'en souhaite, à toi aussi.

*

..