mercredi 27 mai 2009

Des apparences

Et ben non, chérie.
Comme quoi les jours se suivent pas tous pareils et des fois y a des surprises : la kitscherie aujourd'hui tu peux toujours la chercher, même chez les autres, y en a pas. Et ouais ça t'apprendra d'une part à vivre dangereusement un petit peu, et aussi à reconsidérer ta façon de consommer de la réalité en direct sans toujours te poser les bonnes questions à savoir qui c'est qui se farcit le boulot et combien de temps ça prend selon toi, pour fabriquer à la main une carte de fête des mères kitsch. Darling.

Mais reste quand même, c'est pas fini.
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Regarde comme on a soin de toi parfois. Quand tout semble se dérober à tes pieds. Quand le mercredi n'est plus tout à fait le même (ni tout à fait un autre), Simone te lâche pas comme ça. Présentation du sac dans les règles et selon les habitudes. Après l'intérieur soie, de la soie jacquard brochée dont on fait les yourtes et qui jamais ne scintille car Simone pas trop non plus, voici le bouton.

Puis la vue d'ensemble prise sur la table de la cuisine oui oui oui exactement tout comme à chaque fois. Rassurant, on t'a dit que ça serait et tu vois.

Sauf que... voilà y a toujours un truc qui dérape (t'as rien écouté ou quoi ?) et ça se finit avec un bavoir homard à faire la belle et t'as vu comment qu'elle se tient et quelle classe infinie dans le poil, tu t'y attendais pas, avoue, et alors t'en penses quoi dis voir.

lundi 25 mai 2009

A suivre

"- Jouer juste, dit-il, jouer juste doit seul vous importer. En ce moment vous ruminez, je parle à des vaches, ce n'est pas gratifiant. Vous vous dites que nous n'en serions pas là si l'arbitre avait sifflé la faute sur Frédéric au départ de l'action qui a amené leur égalisation, vous vous dites que le match serait déjà plié si sur ce même but un faux rebond n'avait pas trompé Mickaël, vous vous dites que si le vent, si l'état de la pelouse, si le destin, si un battement d'ailes de papillon à Pékin, vous vous dites plein de choses mais c'est mal vu et mal pensé. La vérité, je vous le dis avec toute la courtoisie due à qui écoute, la vérité est que vous avez cessé de jouer juste."

François Bégaudeau - Jouer juste
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"Sur la table de la cuisine, à côté du sachet familier de croissants, se trouvaient trois pots de peinture. Kabrowinski en avait ouvert un avec un opinel et trouvait que c'était hyper-moderne d'avoir choisi une laque orange pour repeindre la cuisine. Edmondsson en doutait, qui expliquait que ce n'était pas orange, mais beige vif. Elle rangea les pots dans un coin et apporta le café. Je pris place. Tandis que je remplissais ma tasse, Kabrowinski, en face de moi, essayait d'ouvrir le pot de confiture avec son opinel."

Jean-Philippe Toussaint - La salle de bain

"Susan porte une minijupe achetée chez Flip, sur Melrose Avenue, tout près de l'endroit où je me suis brûlé le doigt au déjeuner avec Eve, Faith et Anne. Susan porte aussi un t-shirt où l'on peut lire LOS ANGELES tracé en lettres rouges manuscrites, comme avec du sang pas encore séché qui aurait coulé. Elle porte aussi un vieux blouson Levi's avec un pin's des Stray Cats accroché sur un des revers fanés, et elle a ses Wayfarer sur les yeux. Elle prend la tranche de citron qui flotte dans son verre d'eau et la mâchonne, surtout les bords."

Bret Easton Ellis - Zombies
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Simone lève le nez de ses lectures, assez péniblement il faut bien le dire car les phrases des autres sont toujours tellement parfaites.

Simone - Surveille ta boîte aux lettres, Samantha

mercredi 20 mai 2009

Aux chiottes l'arbitre

Youpi. En ce jour de Sainte-Kitscherie, tout ce que tu as toujours voulu savoir sur les gogues à Simone sans jamais oser le demander te sera exposé par le truchement, la magie et la grâce du sujet réunis, ah ce sujet, tellement longtemps qu'on l'attendait... on espérait et puis le temps passait, glissait sur les choses et les êtres sans s'arrêter un seul instant ni se demander mais nom d'une pipe que fout la maîtresse et quand est-ce que cette canaille aura les couilles de nous questionner enfin sur :
le gros mot,
qu'on rigole.

Oui. C'est un peu abrupt comme entrée en matière, mais c'est pour ton bien. Pour que tu saches ce que c'est que la vraie vulgarité, celle du bas de l'ascenseur et au cas où t'aurais jamais osé entrer chez les hommes, c'est à ça que ça ressemble, chérie.
Mais revenons à notre sujet, la grossièreté. L'univers du gros mot étant quasi infini, allant de l'insulte à l'injure en passant par le juron et l'expression dite fleurie (oui oui, tout ça diffère, renseigne-toi), nous n'en proposerons ici que deux ou trois, comme ça, en passant, puisqu'il faut bien choisir.

Renseignements pris par ailleurs auprès de deux proches, Simone te confirme que le gros mot varie énormément selon les époques. Ainsi, Roger prononçait-il quand il était petit des choses délicates comme amène-moi ta mère que je te refasse, ou peine-à-jouir en guise d'insulte de cour de récré, alors que Charles-Edouard, la génération montante, innove avec le très latin conus et des standards revisités tels que petit bâtard galeux. Et Simone dans tout ça, penses-tu avec raison.

Tu vois ce ballon ?

C'est un ballon de baby-foot. Il vient se poser délicatement sur notre abattant de wc et illustre avec élégance cet adage courant des stades populeux que tu as pu lire en titre et qui a toujours su séduire ta toute dévouée. Ca, et l'excellent troue-la-bite appris pas plus tard qu'hier et aussitôt aimé.

Et si jamais tu choisissais de te passionner pour le sujet et que tu manquais de matière, on ne saurait trop te conseiller cet ouvrage, petit par la taille mais riche de ces grandeurs décadentes dont tu te délecteras d'une gourmandise non simulée.

Allez, à toi maintenant. Courage.


mercredi 13 mai 2009

Pétard mouillé et petit lampion

Youpi ! C'est mercredi, la kitscherie est là, t'es bien installée, on peut y aller.
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Customise ta lampe, qu'on rigole : c'est le sujet.
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Evidemment, tu penses à des choses. Comme par exemple une bouteille de chianti surmontée d'un abat-jour en fil ou du satin tendu avec des perles qui pendent genre voyante. On peut absolument tout faire en matière de lampe pour peu qu'on ait des goûts bizarres et quelques connaissances en courant électrique.
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Alors on s'est rappelé, tu sais, ces cylindres transparents avec du liquide coloré que si tu les branches ça fait des bulles ou d'autres trucs disco qui montent et descendent dans une clarté de boîte de nuit. Les livings en laqué noir... les tapis en moumoute, tout ça. C'était quand même joli.
Malheureusement tout ce qu'on a pu faire avec nos pauvres moyens du jour, c'est ça :

Tu noteras que c'est fait avec deux composants de matériel hi-fi dont la taille prête à rire, et que même mignon, l'objet est tout à fait inutilisable pour notre projet 80's.

Il faut se rendre à l'évidence. Parfois il vaut mieux rester sur une belle idée, un fantasme... jusqu'au jour où peut-être, au détour d'un étal de marché aux puces... sait-on jamais.

Bon. Mais quand même. Parce que c'est toi et que t'es gentille :
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lundi 11 mai 2009

Remplacement

"Et dans la sombre cuisine, le chat s'avala quelques gorgées d'eau. Avant de par le couloir faire route vers la chambre à coucher où toujours dormait sa japonaise maîtresse.
D'à mi-couloir, brusquement se souvenir qu'il avait oublié d'un peu se restaurer. Car chat il était et qui, le soir, après avoir bu son eau, bien aimait de quelque morceau de bouffe à chat dûment séchée se faire un casse-dalle.
S'en revint donc à sa cuisine."

Richard Brautigan, Retombées de sombrero.

Si t'as pas compris l'histoire, remplace le chat par Simone et le bol de croquettes par une serviette de table du Japon et la nappe à fleurs des chiffonniers. Le bouton aussi. S'il le faut reprends une gorgée de flotte.

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vendredi 8 mai 2009

Du piratage de tête de mort et autres délicatesses

Ah, chérie ; viens par là on va t'aider à répondre aux questions importantes que tu te poses chaque jour dans ton laboratoire.
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Mais d'abord il faut que tu saches que nous, Simone, docteur en petit doigt sur la couture du pantalon et accessoirement d'autres trucs efféminés, on ne fait pas que ça dans la vie. Non non non. On est aussi très engagée dans l'élevage de Charles-Edouard et de plein d'autres pour qui c'est pas tous les jours facile et donc tu comprends bien qu'on s'intéresse beaucoup à la cuisine parce qu'à cet âge-là, ils ont tout le temps faim. Et s'ils sont pas nourris, on peut rien en tirer. Voilà, voilà.
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Alors si toi aussi tu veux que tes enfants ressemblent à Keith Richards avec les bagues et le foulard et tout, c'est facile t'as rien qu'à acheter ce bouquin. Après tu suis les explications jusqu'au bout et en principe ça marche.
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Regarde comme ils ont l'air content.
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Non non, ne nous remercie pas. C'est lui qu'a (presque) tout fait. Et comme un facteur n'arrive jamais seul, à peine débarqué de Genève, en sueur il est reparti avec ça :
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Un baise-en-ville slurp. Ca se porte négligemment sur la hanche et tu peux y ranger ton goûter sans crainte car l'objet est entièrement lavable.
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Maintenant qu'on sait que le cuistot est content, qu'il porte la tête de mort en bandoulière nu sous son casque intégral, que ses proches veulent le même en rose et que nous on rigole bien dans la cuisine, passons à la suite :
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Ca ? C'est un sac de fille écolo. C'est la marchande qui les fait et dedans elle range tes achats afin que tu puisses frimer dans la rue l'esprit tranquille : c'est rien que de la feuille de chou et du mignon raphia rose et innocent. Hein que c'est joli. Nous on est fan de cette marchande-là qui vend tout le matos pour te faire belle sans abîmer ton prochain, d'ailleurs que tu sois fille ou métrosexuel ou que tu te cherches encore, l'endroit est fait pour toi.
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Par contre, si tu t'appelles Roger et que tu sais pas trop quoi nous offrir à l'occasion, sache qu'elle ne vend pas que des produits de beauté bio, la bougresse. T'iras voir, sur le comptoir y a des trucs mignons.
Allez, bisou.
Simone.

mercredi 6 mai 2009

Embouteillage

Youpi. En ce jour de kitscherie, réunissons-nous et parlons-en.
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Viens, approche-toi et dis-nous ce que tu vois :
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Un bouchon ?

Oh, merci, merci vraiment.

Grâce à toi on vient de se recréditer auprès de la maîtresse qui fait rien qu'à nous balancer des sujets super trop durs et d'abord ici de l'eau en bouteille y en a pas alors des bouchons en plastique rose encore moins et donc on était sur le point de sécher au bord du chemin comme une oie lorsqu'en un éclair la solution se tissa. Sous tes yeux éblouis. Merci.

dimanche 3 mai 2009

L'écharpe à Roger, le petit jeu et une grosse faute

Aujourd'hui on va faire un peu de ménage parce que figure-toi que plein de trucs que t'as pas vus s'accumulent un peu partout et on prend du retard et ça ne va pas.
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D'abord souviens-toi de la blouse qui avait fait office de gigot l'autre dimanche. Et bien une autre presque pareille existe, qui a été coupée dans un chèche mensonger en coton fin et mou de couleur bleu nuit.
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Donc mettons que tu t'appelles Simone et qu'en regardant le rayon des t-shirts pour hommes du monoprix tu tombes sur une de ces écharpes qu'on porte dans le désert pour se protéger des coups de soleil sur le dos des chameaux et que tu te dis, tiens, si j'en achetais une à Roger tout en sachant que c'est pas vraiment son genre et qu'il dira c'est pas grave t'as qu'à la garder pour toi et que tu sais déjà ce que tu feras avec et que tu ris intérieurement à la caisse quand la dame te dit ah c'est joli ça, j'aime bien.
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Et maintenant, les souvenirs de voyage : regarde bien les deux images ci-dessous et devine dans quelle ville Simone a bien pu visiter des magasins

- de sardines qui vendent des trucs qui font chic sur ton veston ;

- de tasses de thé à se rouler par terre en feuilletant l'intégrale de chez Actes Sud ;

- de spendeurs animales et autres matériaux terrestres translucides ou pas, dont un futur bijou fait avec une chute de ces choses émaillées qu'on te présentera à l'occasion.

Et pour finir, une d'un genre qu'on n'avait jamais vu.