samedi 25 avril 2009

Série noire, la fin du suspense

Alors voilà comment ça s'est passé. D'abord il y a eu le mignon croquis, un dimanche matin, de la main gauche, alors qu'on était encore dans un brouillard post-anesthésique bien agréable du moins au début.
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Après, a eu lieu l'épouvantable boucherie dans l'armoire avec la fameuse scène de dépeçage du pantalon en gabardine qui n'avait rien fait, et de la chemise qui, malheureusement pour elle, se traînait un dossier épais comme ça.
A ce stade il faut que tu saches que l'histoire ne faisait que commencer.
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Et comme rien ne te sera épargné, tu vas voir ce que Simone, docteur en chirurgie esthétique des couches superficielles efféminées de l'épiderme, a fait de ces cotons noirs, l'un légèrement stretch, l'autre pas. Avec aussi des boutons de famille et des passepoils partout.

Plus une fermeture éclair arrachée il y a longtemps sur une jupe qui avait bien connu ta Simca 1000 bleu métallisé.

A partir de là ça va causer de couture donc si t'es pas intéressée tu peux sortir mais tu seras quand même gentille de passer par le confessionnal avant.
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Donc c'est fait comme une jupe japonisante sauf que c'est une robe.

Le devant se replie sur lui-même et la bordure créée par le pli vient se superposer au niveau du col à la couture du puzzle initial formé par l'assemblage des différents morceaux du fute et de la chemise si t'as tout bien écouté depuis le début. La chose est maintenue par quatre boutonnières passepoilées de tailles croissantes vers le bas (ce qui ne fut pas chose aisée car ici, le revers n'est pas rapporté : il fait partie du pliage). A partir de la hanche, c'est libre donc ça fait ample mais on voit toujours le pli comme un origami.
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Le truc qui marche sur Simone mais peut-être pas sur toi : l'arrondi à l'entrejambe du pantalon est exactement le même que le tracé de l'emmanchure de la future robe. Ce qui fait que la hauteur de jambe s'est placée tout naturellement de dessous les bras jusqu'en bas des chevilles qui du coup sont remontées au genou. Tu suis ? Voilà pour le dos. Le devant est lui plus travaillé puisqu'il a fallu le surdimensionner pour former le repli, ce qui fait qu'au moins cinq morceaux des deux tissus se sont emboîtés à cette fin et qu'après opération il ne restait quasiment plus rien d'exploitable.

Pour l'encolure : finition au biais intérieur, couture machine apparente. Les manches sont issues du bas de la chemise. Une bande rapportée forme la base et à cet endroit le sens du tissu est inversé ce qui donne un léger reflet dans le noir.

Voilà, pour des photos en situation il te sera demandé d'attendre un peu car à l'heure où tu lis ces lignes, Simone et Roger sont partis au bout du monde pour une petite semaine loin des spots et des paparazzi.

mercredi 22 avril 2009

Les moyens du bord, chérie

Youpi ! La kitscherie revient et c'est encore une spécialiste de la chose qui nous a pondu le sujet de la semaine :

"Habille ta chère tête blonde avec la coiffe qu'avec,
elle sera la plus belle pour aller danser."
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Bon. Première chose, Simone n'est pas blonde. Mets-toi ça dans le crâne.
Deuxièmement il n'y a ici aucune fillette et les chats ont la migraine.
Il est de plus hors de question d'utiliser Charles-Edouard à des fins ridicules et de toute manière chez lui le temps de la blondeur est révolu depuis belle lurette.
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Donc pas le choix, c'est ça ou rien.

Passoire de mémé en alu à poignées et pieds ouvragés, utilisés comme support de couronne en fils avec une fleur rose. Dis franchement : t'aimes, ou pas ?

mardi 21 avril 2009

Aujourd'hui Simone montre le bas

A quoi bon attendre demain puisque c'était en 81 et que de toute manière personne n'y croit plus, à ce genre d'annonce.
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Monde cruel dans lequel nous vivons. Donc voilà le jupon. Patronné sur la bête en cinq morceaux assemblés par des coutures rabattues sur l'endroit. Sache qu'un élastique rose de lingerie fine Emmaüs est planqué dans la ceinture et que pour rien au monde on te donnera la fin du rouleau, même si tu promets et que tu te roules par terre, voilà c'est dit, maintenant tu peux regarder.
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Et donc là tu dis quoi ?

dimanche 19 avril 2009

Acupuncture

On récapitule.

1 - Simone sur un coup de sang, dépèce au mois de mars deux habits noirs déjà portés mais encore bien beaux. Puis s'arrête, réfléchit, pense à des tas de trucs, certains n'ayant rien à voir avec tout ça.

2 - Vendredi 17 avril à 16h30 les choses s'accélèrent. L'affaire prend une tournure définitive lorsque le placement des divers morceaux du pantalon et de la chemise s'organise à grands coups de ciseaux et de coutures rabattues sur l'endroit.

3 - Simone coupe des morceaux dans le puzzle et dès lors le mannequin se transforme en poupée vaudou.

4 - Samedi 18 avril par un ensoleillement idéal certains détails et finitions voient le jour.

Tandis que d'autres restent au stade du projet, de la réflexion, du flou.


Le devenir du pantalon et de la chemise, bientôt sur ton écran.

jeudi 16 avril 2009

L'interview

- Alfred : Et bien nous nous trouvons aujourd'hui dans l'imposant salon de l'hôtel où Simone nous reçoit, dans une ambiance feutrée. Tout semble réuni pour que cette entrevue se déroule de la plus agréable façon, pas un papier ne traîne dans la carrée, le chat ronfle, Roger en soubrette nous propose un verre de kombucha avec élégance puis se retire discrètement dans ses appartements ; donc on commence.
Simone, quels sont les quatre métiers que tu voulais faire quand t'étais petite ?

- Simone : heu, coiffeuse, docteur, actrice de série B, danseuse étoile.

- A : Ah, très bien, et en ciné tu t'y connais un peu ou pas trop ? Tu pourrais citer par exemple quatre films qui ont marqué ta cervelle au fer rougeoyant de la volupté oculaire indélébile, ou pas ?

- S : Facile, y en a pas. Pas de film où il y a à la fois Jean Rochefort, André Dussolier, Gilbert Melki et Javier Bardem, mes quatre acteurs préférés en ce moment.

- A : Et les séries télé ?

- S : D'autres questions ?

- A : Glups heu oui, tiens les vacances, tu dois connaître ça. Alors c'est où tes endroits ? (il en faut quatre, toujours, hein)

- S : Aah, l'Afrique. Un vieux rêve. Le problème c'est l'avion, tu vois. Et pis toutes ces îles désertes absolument féériques. Mais sinon, Venise c'est pas mal, y a pas trop de pots d'échappements ni de panneaux de pub géants au bord des routes, ouais Venise c'est bien en fait. Et Paris. Ah, Paris.

- A : On progresse, j'adore te poser toutes ces questions, c'est passionnant. Et sur internet qu'est-ce que tu regardes au moins une fois par jour tous les jours que Dieu fait ? Si c'est pas indiscret ?

- S : Ah ben en fait tous les jours pendant ou après la messe y a la lecture du courrier, le journal, et donc les blogs des camarades, toi entre autres.

- A : Oh, attends je me redresse, c'est gentil ça dis donc. T'aimes pas quoi sinon comme quatre plats ?

- S : La cervelle, chérie. Les escargots fourrés au beurre dégueulasse. Les huîtres vivantes qui dégoulinent dans ta glotte en faisant des grands schlips. Les morceaux de boucherie bien saignante que l'on dépèce le soir au fond des bois.

- A : Je vois, et ceux dont tu te délectes tout particulièrement avec une gourmandise non feinte ?

- S : Quatre oeufs mollets en gelée délicate avec quatre énormes cornichons à la Russe, quatre tasses de thé et une infinité de puissances de quatre en petits chocolats noirs fourrés de chez Au Parrain Généreux par exemple. Puisqu'il faut choisir.

- A : Ok, quatre lieux où tu aimerais être, là maintenant ?

- S : Au ciné devant un film avec Jean Rochefort et Javier Bardem (ou Gilbert Melki, au pire). J'occupe quatre places sans problème.

- A : Terminons l'exercice avec tes quatre voeux pour l'année prochaine ?

- S : Santé, Couture, Industrie, Ambassade. Tiens reprends du kombucha.

mardi 14 avril 2009

Indiscrétions

" Un bruit de talons aiguilles sortit le libraire de sa lecture, aussitôt suivi, puis dépassé, par un parfum de pivoine.
La femme chercha un peu le libraire, puis lui demanda :
- Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ?
Le libraire regarda la femme, ses magnifiques cheveux, ses magnifiques yeux, tout son être magnifique, et il répondit :
- Tout ce que vous voudrez.
Elle le regarda à son tour, sourit, et dit :
- C'est vrai ? "

Et dans un genre qui s'en rapproche nous avons également ceci :
Ou encore cela :
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Là par contre, on s'éloigne :

Mais ici on se rapproche de nouveau.

Ce que Simone aime bien, aussi, ce sont les vieux miroirs piqués.


Joue avec Simone et relie les différentes images entre elles. Tu peux aussi pousser la réflexion jusqu'au stade du concept si ça te plaît. La couleur jaune, la boisson, la découverte du vaste monde, le portrait féminin, tout ça peut être matière à te triturer la cervelle si t'es adepte. Allez, on te laisse, hein.

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Ce jeu éducatif, distrayant et tous publics, de la maison Du temps à perdre, t'est gracieusement offert.

Par contre, si tu t'appelles Alfred et/ou Marie Alster, fini de rire car tu dois maintenant jeter toi aussi à la face du monde tes petites marottes du moment. Allez, courage, y a pas de raison.

dimanche 12 avril 2009

Blouse grise, ferraille et subtilité subliminale

Ah, toi ici, quelle bonne surprise. Reste donc un peu. Si si, tu vas voir aujourd'hui y a pas de gigot d'agneau pas cuit - haricots en boîte, y a ça :

Oui, la contrepartie c'est quand même le pli religieux, mais reste, c'est pas fini. On te promet une surprise si t'es sage jusqu'au bout. Donc voilà.

Attends tu vas voir le truc en vrai. Pour que tu te rendes compte qu'une photo même ratée, très floue et pleine de défauts peut tout à fait donner quelque chose d'acceptable pour ton oeil exigeant grâce à Simone, aux moyens de l'informatique moderne et de la retouche d'image réunies.

C'est cousu avec du tissu attrapé au vol et le collier il vient de la brocante pour les riches, celle du centre-ville où on a aussi extorqué des boutons à une rombière qui pratiquait des tarifs inhumains mais t'inquiète pas elle va bien.

Maintenant prends une feuille et un stylo s'il te plaît car c'est l'heure de la dictée :

"Au paradis terrestre on avait des robes blanches toujours immaculées, même quand il y avait eu des nouilles à la sauce tomate à midi.

Dieu n'avait pas encore inventé les taches.

L'idée lui est venue en voyant passer un troupeau d'anges tout blancs. Il imagine des taches sur leur robe. Une grosse tache de framboise sur le devant, puis des petites taches de jaune d'oeuf, autour des taches de chocolat et sur le jabot, une grande tache de vin comme si les anges s'étaient vomi dessus. Derrière il leur fait des taches vertes, comme s'ils s'étaient assis dans l'herbe.

Dieu s'amuse comme un enfant qui fait du coloriage."

Jean-Louis Fournier, Satané Dieu.

Voilà, tout ça pour te dire que l'autre jour on a cuisiné sans tablier un truc indien avec beaucoup de curcuma et que la blouse...

Bon mais sinon, qu'est-ce t'en penses ?

mercredi 8 avril 2009

De l'intempestivité relative du jaune et du blanc sans la coquille et d'abord qui était là avant

Youpi ! La kitscherie est de retour et apporte avec elle le symbole du renouveau s'il en est, la grande question aussi que si tu commences à te la poser t'as pas fini d'avoir des migraines, à savoir qui de l'oeuf ou de la poule (et les poissons, au fait ?), enfin bref aujourd'hui c'est mercredi et ça va causer oeuf.

L'oeuf de Pâques cette année est surfait, tu l'auras remarqué. Tous les grands noms de la profession ont bien sûr montré le leur et alors c'est très classique, on revient à la valeur sûre, le concept philosophique n'est pas loin, vive la crise et le petit jésus réunis.
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Simone a beaucoup réfléchi là-dessus avant de te sortir le truc ci-après. Est arrivée à la conclusion que l'oeuf kitsch se doit d'être :
- en gelée évidemment ;
- d'un goût désuet bien obligé ;
- inopportun autant que possible ;
- fait main avec des coeurs parce que c'est plus joli.
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Tu l'aimes mieux comment, ton oeuf de lump en gelée, rouge et noir à la régulière ? Ou Las Vegas ?
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Envoie ta réponse avant minuit chrétien et selon, tu recevras sous pli discret un petit jésus en sucre rose, ou un disque de Tino Rossi.

vendredi 3 avril 2009

Acide, arc-en-ciel *

Marrant comme depuis un moment on arrête pas de te mettre sous le nez des trucs que pour le haut du corps et tu râles pas trop en fin de compte. T'es gentille quand même. Si.

Donc pour faire ce que les cuisiniers du temps de la chevalerie appelaient une gastrique, condiment dont la base de vinaigre et sucre fut l'objet de recherches médiévales pointues tant au point de vue des saveurs que des propriétés digestives, il te faut cuire longtemps les radis roses avec le vinaigre de cidre plein, le miel pas trop et les écorces d'oranges amères beaucoup. Là-dessus tu laisses tomber sel poivre et piment rouge et quand c'est cuit remplis un très joli bocal de mémé que tu caches sous ton lit pour pas qu'on te le prenne.
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En journée tu auras soin de le fourrer dans ton mignon petit sac tout doublé pour aller faire tes courses l'esprit tranquille et ainsi patienter jusqu'au soir sans craindre les attaques de loups.
 
 
Car, petit chaperon naïf en apparence seulement, tu as pensé à transvaser dans la poche intérieure du truc voyant le pétard bien caché habituellement sous ton oreiller.

Et voilà. Ta mère-grand n'a plus qu'à bien se tenir.

Sac de mémé

Crédits recette : petit pot de beurre dans les épinards.

Crédits mignon petit sac : adorable fillette & bread and butter galette.

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A tous, merci.